Armoirie
Recherche
administration
Pseudo :
Pass :
 Enregistré
S'enregistrer
Perdu votre Pass ?

Articles

  Université Joseph Fourier – Faculté de Médecine de Grenoble.Douleurs plaies et cicatrices Thérapie.
Catégorie : Aucune
Ajouté le : 08/10/2017
Auteur : admin
Lectures : 2452
Note : Non évalué [ Evaluer ]

Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 9 /34 « La douleur aiguë diminue la mémorisation des aspects positifs du soin. (Seltzer 1991). » (9) La mémoire de la composante affective serait meilleure que celle de la composante sensorielle, d’où l’anxiété, l’irritabilité, la peur pouvant gagner le patient avant un soin déjà vécu difficilement par le passé. L’anticipation du soin suivant est un phénomène à prendr e en compte. Ainsi, une douleur, lors d’un pansement, qui est mal ou pas du tout soulagée, entraîne une majora tion des douleurs lors des gestes ultérieurs ; ceci pouvant s’accompagner d’une appréhension, d’ une perte de confiance et d’anxiété. Il est capital de prévenir, anticiper, chaque soignant a le s moyens de prendre en charge la douleur et a le devoir de ne pas passer sous silence l’expérience douloureuse du patient. • Les complications de la douleur « Même si elle touche seulement un fragment du corps, la douleur ne se contente pas d’altérer la relati on de l’homme à son corps. Elle diffuse au-delà, anticipe les gestes, traverse les pensées : elle contamine la totalité du rapport au monde. Elle rompt les amarres qui attachaient l’individu à ses activités familières, rend difficile la relation avec les proches, élimine ou diminue en l’homme son goût de vivre ». David le breton. Anthropologie de la douleur p. 26 La douleur, quand elle est répétée et vécue de façon quotid ienne, a forcément des répercussions plus ou moins importantes. Ces complications touc hent le patient bien sûr, mais égal ement le soignant pour qui cette expérience n’est pas neutre. - Pour le patient Le retard de cicatrisation : Du fait de la libération de cytokines qui influent négat ivement sur les phénomènes cellulaires de la cicatrisation des plaies. L’appréhension, la peur des soins : Comme nous l’avons détaillé précédemment, la mémori sation de la douleur peut générer de l’appréhension de la part du patient. Chaque soin sera source d’inquiétude, d’anxiété. Les troubles de l’humeur, l’irritabilité : La douleur peut être vécue comme insupportable et le pati ent peut devenir irritable, agr essif vis-à-vis du soignant, ou encore refuser le soin. A l’inverse, il peut également se replier sur lui-même, évit er de communiquer sur cette situation qui le déstabilise et minimiser sa douleur. La modification de l’image de soi : Au-delà des modifications physiques liées à la plaie e lle-même, les représentations que chaque patient peut avoir de la douleur, de la façon dont il devrait pouvoir la suppor ter, la surmonter, peuvent ébranler l’image qu’il a de lui- même. Cela peut entraîner une perte de l’estime de soi, des troubles du sommeil, une dépression. (9) « La mémorisation de la douleur de l’enfant. Qu’en savons-nous ? » Dr Fournier Charrière. Unité douleur-CHU Bicêtre. Dispon ible sur www.pediadol.org Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 10 /34 - Pour le soignant Difficulté à réaliser le soin de manière efficace : Par peur de faire mal, le soignant peut éviter une détersion trop l ongue, importante, bien que cela soit nécessaire. De même pour le lavage de la plaie qui serait trop super ficiel. Un soin réalisé de cette manière, n’est pas suffisamment efficace et va entraîner un retard de guérison de la plaie et des soins sur de longues périodes. Difficulté à établir une relation avec le patient : La douleur peut provoquer des réactions d’agressivité ou de repli qui rendent la communication difficile Difficulté de positionnement vis-à-vis du soin : L’ambivalence entre « soin qui fait mal » car douloureux et « soin qui soulage » car favorise la guérison peut déstabiliser le soignant face au patient douloureux. Anxiété : Le soignant, étant le vecteur de douleur, peut appréhender lui aussi le soin, avoir peur de faire mal. • L’évaluation de la douleur « Si un malade dit qu’il a de la fièvr e, on peut le vérifier, thermomètre à l’appui. S’il prétend avoir de la tension, on peut le vérifier aussi...pratiquement. Tout ce que di t le malade se constate, se vérifie, se mesure. sauf s’il d it qu’il a mal....la science est impuissante à étalonner et à juger ses dires » Jean François Deniau Évaluer la douleur est une étape indi spensable afin d’orienter le trai tement antalgique et d’apprécier son efficacité. Or, quantifier, mesurer la douleur est délicat et l’utilisation d’outils validés, pr écis, est primordial afin d’éviter une appréciation subjective du soignant. Nous disposons d’échelles unidimensionnelles, qui mesurent l’intensité de la douleur uniquement. D’autres échelles, dites multidimensionnelles, évaluent égal ement les dimensions affectives de la douleur. - Les échelles unidimensionnelles : L’E.V.A : échelle visuelle analogique Le patient quantifie l’intens ité de sa douleur en se positionnant sur une ligne horizontale figurant la douleur. La lecture du chiffre situé à cet endroit donne un score entre 0 et 10. L’E.N.S : échelle numérique simple Le patient cote sa douleur sans aucun support visuel. Il donne une note entre 0 et 10 ou encore entre 0 et 100. L’E.V.S : l’échelle verbale simple Le patient choisit parmi plusieurs qualif icatifs celui qui définit le mieux sa douleur. Le nombre d’items varie selon l’échelle utilisée. Voici un exemple d’échelle verbale constituée de cinq items : 0 absence de douleur 3 douleur sévère 1 douleur faible 4 douleur intolérable 2 douleur moyenne Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 11 /34 Ces échelles sont simples d’utilisati on, l’évaluation est rapide et permet d’être réalisée avant, pendant et après les soins sans grande difficulté. En revanche, ces échelles demeurent réductrices car n’expl orent pas les dimensions sensorielles et affectives de la douleur. - Les échelles multidimensionnelles Elles donnent des informations sur le vécu de la douleur, son intensité et son type. Ce sont des questionnaires utilisant des qualificatifs triés en classes et sous-classes. Le questionnaire douleur de Saint Antoine fait partie de cette catégorie. - Les échelles multidimensionnelles comportementales Le support n’est pas uniquement verbal et l’observation du patient est pris e en compte. Ainsi, ses changements de comportement, de posture seront considérés avec intérêt. Certaines échelles sont plus adaptées selon l’âge du pat ient et sa capacité à communiquer. Ainsi l’échelle Doloplus 2 est particulièrement adaptée à la personne âgée. De même pour l’E.C.P.A ou échelle comportementale d’évaluation de la douleur chez la personne âgée non comm unicante. Pour les enfants, nous disposons de l’échelle de Gustave Roussy ou de l’Heden. Le choix d’une échelle d’évaluation est donc fonction du patient , de son âge, du type de douleur (aiguë ou chronique) et de sa capacité à s’exprimer. Mais ce choix est également fonction du soignant, de son aisance à utiliser l’une ou l’autre des méthodes qui sont à sa disposition. L’évaluation avant, pendant et après le soin permet d’évaluer l’efficacité du traitement antalgique et d’effectuer les réajustements nécessaires. L’évaluation de la douleur est également l’occasion d’in staurer un dialogue avec le patient, une relation de qualité, de confiance, dans laquelle il soit entendu, compri s et considéré. Cette ét ape d’évaluation est délicate mais primordiale car elle sera la base de la prise en charge. Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 12 /34 3 3 D D o o u u l l e e u u r r e e t t p p a a n n s s e e m m e e n n t t s s d d ’ ’ u u l l c c è è r r e e s s • Douleur et pansement Le pansement est un acte répétitif, qui, pour le patient porteur d’ulcère est souvent quotidien. Les manipulations faites au niveau de la plaie provoquent des douleurs par excès de nociception qui peuvent être associées, selon chaque cas, à d’autres douleurs, neuropathiques ou psychogènes. Concernant un ulcère évoluant depuis longtemps, nous sommes dans le cas d’une plaie chronique, avec une hypersensibilisation de la plaie, une réponse inflammato ire. Des manipulations r épétées provoquent une réaction exacerbée (allodynie) à plus ou moins long terme. Le patient porteur d’ulcère est confronté à des pansem ents durant plusieurs mois. La douleur aiguë liée aux soins s’ajoute souvent à une douleur de fond, ressent ie par le patient en cours de journée. Le déroulement d’un pansement permet de voir à quel point les manipulations sont génératrices de douleur : - Le retrait du pansement Celui-ci peut adhérer à la plaie et à sa périphérie. Son retrait est souvent délicat. - Le nettoyage de la plaie Le douchage de la plaie à l’eau ou au sérum physiologique, bien qu’efficace et primordial, exerce des pressions sur une zone déjà sensibilisée. - La détersion mécanique : L’utilisation de curettes, bistouris, et pinces afin de re tirer la fibrine et les tissus nécrosés provoque des douleurs difficilement supportables si le patient n’est pas soulagé. - La réfection du pansement : Selon le type de produit utilisé, un frottement, une sensation d’appui, de compression peut apparaître. Un pansement inadapté, peu ou trop absorbant peut occasionner des douleurs. Peu d’études ont été réalisées c oncernant la douleur ressentie lors du changement de pansement. L’European Wound Management Association (EWMA) a souhaité établir un document de ré férence sur la prise en charge de la douleur lors des pansements. Une étude internationale a été menée auprès des soignants, sur ce thème. Onze pays y ont participé. Voici quelques une des réponses recueillies : - Le retrait du pansement est considéré comme moment le plus doul oureux, suivi de près par le nettoyage de la plaie. - 9 des 11 pays participant à l’enquête ont estimé l’ulcère de jambe comme la plaie la plus douloureuse. - Les pansements desséchés , puis en deuxième position, des produits adhérents à la plaie, étaient les facteurs contribuant le plus à la douleur. Viennent ensuite les adhésifs, le nettoyage , le méchage . Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 13 /34 Une autre grande étude observationnelle française a été réalisée en 2004 par Meaume et Al. (10) . Elle concernait la douleur lors du pansement des plaies chroniques en m édecine de ville. L’objectif était d’évaluer la douleur provoquée par les changements de pansements. Voici les résultats de cette étude : - La prévalence de la douleur au changement de pansement était de 81 c/o . - Le nettoyage de la plaie était douloureux dans 97% des cas. - L’intensité de la douleur était « modérée » à « sévère » dans 46% des cas. - Il y avait prescription d’antalgique dans 45% des cas. Cette étude révèle bien le caractère douloureux de ce soin. Le nettoyage de la plaie étant une étape très difficile à supporter par le patient. • Douleur et ulcère L’ulcère de jambe est une perte de substance cutanée chronique, n’ayant pas tendance à la cicatrisation spontanée. La majeure partie des ulcères de jambe est d’origine vasculaire, compliquant une pathologie veineuse, artérielle ou micro circulatoire. L’ulcère peut être plus ou moins douloureux selon son origine. - L’ulcère d’origine veineuse : C’est le plus fréquent des ulcères vasculaires. Il peut résulter des séquelles d’une thrombose veineuse profonde ou d’une maladie variqueuse avec perfor antes incontinentes (veines qui ne sont plus assez résistantes pour maintenir leur débit propre). Sa localis ation est péri-malléolaire. Il y a souvent coexistence de troubles cutanés d’insuffisance veineuse chronique (dermite ocre, hypoder mite scléreuse, atrophie blanche...) d’aspect humide, sans nécrose, il est généralement peu profond. Cet ulcère est généralement peu douloureux . - L’ulcère d’origine artérielle : Il est moins fréquent. Les ulcérations sont la conséquence directe de l’ischémie par déf aut de perfusion artérielle du membre. Souvent douloureux , davantage lors de la mise en position horizontale du membre. Il est situé à distance des malléoles ; son aspect est nécrotique, creusan t, et il peut mettre à nu les structures sous- jacentes. - L’ulcère mixte (veineux et artériel ) : Il est relativement fréquent. Il peut sembler être purement veineux au prem ier abord, mais la présence de plages nécrotiques, de douleurs spontanées ou de décubitus, d’un aspect creusé, orientent vers une cause artérielle. Sa composante artérielle le rend très douloureux. - L’angiodermite nécrotique C’est une entité particulière. Elle correspond à l’occlusion di stale d’une petite artère te rminale. Elle peut être déclenchée par un traumatisme mineur chez un sujet âgé souffrant de micro angiopathie cutanée chronique. Elle évolue pendant plusieurs mois. Elle a des caractéristiques cliniques propres, parmi lesquelles : . La localisation sur la face antéro-externe de jambe. . Une douleur intense et insomniante . La douleur sera donc d’intensité différente selon l’origine de l’ulcération. Cela est une constatation qui ne doit pas faire oublier que chaque patient a un seuil de tolérance à la douleur qui lui est propre. L’évaluation de la douleur et son traitement ne peuvent en aucun cas reposer sur l’étiologie de l’ulcère . La douleur liée à la détersion d’un ulcè re veineux peut être très intense bien que l’ulcère soit peu douloureux par ailleurs. (10) cf. annexe1 Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 14 /34 Nous disposons de 6 études ayant évalué la douleur li ée à l’ulcère de jambe entre 1997 et 2004. cf. annexe 1. L’étude de Noonan et Burge en 1998 a permis d’évaluer la doul eur de 51 ulcères : 82% des patients ressentaient des douleurs et 12% d’entre eux la subissait en continu. L’étude de Hoffman et Al en 1997 a permi s de révéler que 90% des patients porteurs d’ulcères se plaignaient de douleur, 64% en souffrait la nuit, pour 38% la douleur était continue. Dans l’étude de Meaume et Al, la prévalence de la douleur spontanée est de 70%. Dans trois études, les douleurs sont décrites comme des sensations de lourdeur, de brûlures, et d’élancements (cf. annexe 2). • La situation psychologique du patient porteur d’un ulcère « Entre le stimulus douloureux et l’expression de la douleur, il y a toute l’épaisseur du sujet en tant que singularité et historicité, en clair, l’individu dans son entier » Dr Philippe Granato, douleur et cultures. Prendre en compte la douleur ne peut se fair e sans voir le patient dans sa globa lité. Or, le patient ayant un ulcère est dans un contexte psychologique particulier. Les retent issements de la plaie sur son quotidien sont nombreux. Il semble capital de comprendre son état d’esprit et ses préoccupations pour être le pl us juste possible lors de la prise en charge. Une étude visant à recueillir les préoccupations des patients porteurs d’un ulcè re de jambe a été menée au niveau international en juin 2006. E lle a permis de mettre en évidence des inquiétudes qui ne sont pas toujours perçues par les soignants. Ces préoccupations ont été recueillies et ce schéma mont re à quel point elles peuvent interagir entre elles : Journal des plaies et cicatrisation n°56, décembre 2006, p28. - L’isolement social : Plusieurs facteurs peuvent entraîner un isolement progressif du patient. La douleur, lorsqu’elle est continue, peut freiner le patient dans ses activités et limiter ses sorties. D’autre part, des préoccupations esthétiques , pouvant apparaître comme mineures pour le soignant, sont un souci très présent pour nombre de patients. Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 15 /34 En effet, un pansement de plus ou moin s grande taille, situé au niveau de la cheville, du mollet, peut être très gênant. Ne pas pouvoir sortir vêtue d’une jupe peut être un détail pour l’infirmière, mais pour une dame de 80 ans, ignorant le port du pantalon depuis toujours, cela a une réelle importance et ne peut être occulté. C’est là qu’entre en jeu la peur du regard d’autrui . La volonté de cacher ce pansement « indésirable » peut faire obstacle aux sorties quelles qu’elles soient. Ainsi le pat ient en vient à éviter les lieux publics et s’isole progressivement. Le pansement peut également, de par s on épaisseur et sa localisation, empêcher un chaussage correct. Comment sortir sans pouvoir se chausser convenablement ? - Les modifications de l’image de soi : La difficulté à marcher, sortir, vaquer aux tâches quot idiennes a un impact non négligeable sur la qualité de vie. Cela peut entraîner une perte de confiance en soi, un sent iment d’inutilité, pouvant aboutir à un état anxieux voir dépressif. - La récurrence de la maladie ulcéreuse : Evoluant de façon chronique, le patient souffrant d’ulcère peut passer plusieurs années en alternant des périodes de guérison puis d’autres périodes de soins prolongées liées à des plaies. Ce problème est donc récurrent et s’installe dans la vie du patient, à long terme. De même, l’ulcère se rappelle au pat ient à tout moment de la journée de diverses manières. La présence du matériel de soin au domicile du patient est un rappel visuel de la maladie et des pansements qui y sont associés. La visite quotidienne de l’infirmière libér ale est également un rappel de la maladie et le temps accordé à ce soin chaque jour est une contrainte de plus pour le patient qui ne peut s’y soustraire. - Les troubles du sommeil, la fatigue : L’anxiété liée à cette situation peut al térer la qualité du sommeil. La fatigue ph ysique s’ajoute à tout cela et limite encore davantage les activités du patient. Il s’installe un cercle vicieux de plus en plus défavorable. Les patients ayant des douleurs intenses au repos aur ont un sommeil peu réparateur. Trois études ont permis de mettre l’accent sur les perturbations du sommeil liées aux douleurs d’ulcère. Dans l’étude de Noonan et Burge, 68% des patients ont des difficultés à dormir liées à la douleur, 63% dans l’étude de Hoffman et Al et 50% dans celle de Meaume et Al. Cf. annexe 3. Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 16 /34 4 4 L L e e s s t t r r a a i i t t e e m m e e n n t t s s d d e e l l a a d d o o u u l l e e u u r r • Les traitements pharmacologiques Un soin efficace ne peut être réalisé qu’associé à une analgésie suffisante, de qualité. Le choix des antalgiques sera réalisé par le médecin traitant ; l’infirmière a un rôle primordial concernant son utilisation. Ses connaissances concernant les délais d’acti on, les contre-indications et effets indésirables de chaque substance sont essentielles. Sa présence quotidienne auprès du pati ent, lors des soins, lui permet d’évaluer l’efficacité du traitemen t, mais également sa tolérance. Les traitements utilisés à domicile se dispens ent par voie orale, locale ou injectable. L’usage du MEOPA, par voie respiratoire, est très effica ce lors des soins mais n’est pas disponible en médecine de ville. Les services d’hospitalisation à domicile (H.A.D) devraient avoir la possibilité de l’utiliser prochainement. Ce n’est pas le cas des infirmières libérales à ce jour. Nous développerons tout de même son utilisation car il n’est pas exclu que son usage soit élargi à la médecine libérale dans les années à venir. L’OMS (Organisation Mondiale de la Sant é) a établi une échelle de trois palie rs pour l’utilisation des antalgiques. La progression d’un palier à l’autre doit être respectée : Le niveau 1 regroupe les antalgiques convenant aux douleurs légères à modérées . Nous retrouvons dans ce groupe le paracétamol, l’aspirine et certains anti-inflammatoires. Le niveau 2 permet de traiter des douleurs modérées à sévères et/ou celles ayant persi sté malgré l’utilisation d’antalgiques de niveau1. Nous y retrouvons la codéine, le dextropropoxyphène, le tramadol et les morphiniques faibles. L niveau 3 regroupe les morphiniques forts, utilis és pour le traitement des douleurs intenses - La voie orale : L’horaire d’administration sera fonction de l’heure du so in, de la cinétique des effe ts de l’antalgique utilisé. Connaître le délai d’action des traitements est un aspect essentiel. Voici les délais d’action de plusieurs antalgiques souv ent utilisés a domicile, ainsi que leurs délais d’action (11) : Le Paracétamol : Par voie orale, a un délai d’action de 30 minutes. Ses effe ts durent entre 4 et 6 heures. L’idéal est de le prendre 1 à 2 heures avant la procédure afin d’atteindre l’effet maximal à ce moment là. Le Dextropropoxyphène : A une durée d’action de 4 à 6 heures. Son délai d’action est de 1 heure. La Codéine : Sa durée d’action est de 4 à 6 heures. Délai d’action de 1 heure. (11) Cours intitule » Les antalgiques » Dr Ni colas Saffon. Disponible sur : www.geocities.com Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 17 /34 Le Tramadol : .à libération immédiate : son délai d’action est de 20 à 30 minutes. Ses effets durent 6 heures. .à libération prolongée : son délai d’action est de 40 minutes et ses effets durent 12 heures. Le Sulfate de morphine : .à libération immédiate (Actiskenan, Sevredol) : délai d’action de 45 à 60 minutes. Effets pendant 4 heures. .à libération prolongée (Skenan, Moscontin) : délai d’action de 2 heures et effets pendant 12 heures. - La voie injectable : Le Chlorhydrate de morphine : .en sous cutanée : action en 30 à 60 minutes et effets pendant 4 heures .en intra veineuse lente : action en 10 minutes et effets pendant 4 heures. - La voie locale : L’EMLA® (Eutectic Mixture of Local Anaesthesics) Cette crème est composée de deux anesthésiques locaux ( lidocaïne et prilocaïne) et permet l’anesthésie de la peau et des muqueuses. Elle existe en crème ou sous forme de patch. Un générique est également disponible sous le nom d’Anesderm Gé. Elle peut être utilisée sur un ulcère de jambe, avant une détersion mécanique longue . Sous certaines conditions : .Appliquer 1 à 2g pour une surface de 10 cm 2 , sans dépasser 10 g. La crème doit être recouverte d’un pansement occlusif et rester en contact avec la plaie pendant 30 min (12) .Cette application est limitée à 8 applications successives. (13) .Ne doit pas être utilisé chez un patient ayant une hypersensibilité aux anesthésiants locaux. .Ne doit pas être associée à la pris e d’un traitement méthémoglobinémiant. Ne pouvant être utilisée à long terme, l’EMLA ® est utile pour une période donnée, lo rs de détersions importantes, et ne doit pas être l’unique traitement envisagé. Une noisette = 0,5g = 0,5 ml La xylocaïne (lidocaïne) Elle peut être utilisée sur une plaie. Elle existe sous fo rme liquide à vaporiser directem ent sur la plaie. Il est nécessaire de recouvrir de compresses imbibées de xylocaïne également. Le temp s d’action doit être au minimum de 10 à 15 minutes pour être efficace. Cependant le remboursement de la xyloc aïne n’est pas pris en charge par la Sécurité Sociale pour un usage en ville, d’où sa très faible utilisation à domicile. Par ailleurs, la xylocaïne n’a pas fait l’objet de recherches cliniques validant son efficacité lors des soins d’ulcères. Les pansements médicamenteux : L’apparition sur le marche de nouveau pansem ents renfermant de l’Ibuprofene ( Biat ain-Ibu) peut être intéressant et limiter les douleurs de fond tout au long de la journée. Ce pansement est délivré sur prescription médicale. - La voie respiratoire : Le MEOPA : c’est un gaz inodore qui possède des propriétés analgésiques et anxiolytiques. Il est associé à l’oxygène en mélange équimolaire et permet une analgésie précoc e, en trois minutes. Ses effets sont réversibles très rapidement à l’arrêt de l’inhalation. Son utilisation ne doit pas dépasser une heure. Son utilisation est contre-indiquée dans certains ca s : pneumothorax, emphysème, altération de l’état de conscience, traumatismes de la face. (12) »Utilisation de la crème EMLA® chez l’adulte et la pers onne âgée. » 2005 document disponible sur le site Internet du cent re national de ressources de lutte contre la douleur (CNRD) (13) Fiche de soins « Utilisation de la crèm e EMLA chez l’adulte et la personne âgée » E Malaquin-Pavan, P. Thibault www.cnrd .fr Diplôme Universitaire Plaies et Cicatrisation - Douleur et pansement d’ulcère à domicile - Juillet 2007 - page 18 /34 Le local d’utilisation doit être suffisamment ventilé. Certains effets secondaires peuvent apparaître : euphorie , paresthésies, vertiges, nausées, vomissements, agitation, angoisse, modifications des perceptions sensorielles. Le patient récupère son état de vigilance initiale dans le s cinq minutes suivant l’arrêt de l’administration. Son utilisation ne nécessite pas d’être à jeun. • Les traitements non pharmacologiques « Avoir peur d’avoir mal, c’est déjà avoir mal » Montaigne Ils sont assez peu développés et rares sont les soignant s qui les utilisent. L’intérêt de ces techniques est en réalité de limiter l’anxiété liée au soin. N ous pouvons distinguer plusieurs techniques. - La sophrologie : Cette technique de concentration a été mise au point en 1960, par un psychiatre colombien, le Dr Caycedo. Elle permet d’affiner l’état de conscience en accordant la respir ation à la visualisation de chaque partie du corps. Elle peut être utile pour obtenir un état de détente et limiter les peurs. Cependan t, elle nécessite un apprentissage et un minimum de concentration. - La relaxation : Elle peut être envisagée avant, pendant et après le soin. Elle permet d’obtenir un état de relâc hement musculaire, de détente physique et mentale. Cet état est difficile à atteindre sans un minimum d’entraînement de la part du pat ient. Le fait de répéter s ouvent certains exercices simples permet de gagner plus rapidement un état de détente. Plusieurs techniques existent : La relaxation progressive de Jacobson , est basée sur l’alternance de contractions et décontractions musculaire. Le training autogène de Schultz , est basé sur 6 exercices permettant un contrôle respiratoire, musculaire, cardiaque, vasculaire, du plexus solaire et du front. Le biofeedback vise à contrôler l’état de tension musculair e présent au repos. L’usage d’un électromyographe permet au patient de visualiser sa tension musculaire. (14) La concentration nécessaire peut être favorisée par l’é coute de musique ou encore de CD permettant d’être guidé dans des représentations mentales précises. - La distraction : Cette technique très simple est fréquemment utilisée par le s soignants. Visuelle ou audi tive, l’attention du patient est attirée vers un autre objet, ce qui lui permet de se détacher des sensations liées au soin. « Pendant la distraction, on est totalement ailleurs, dissocié du corps. » (15) - Les massages : Effectués par des kinésithérapeutes , ils peuvent atténuer les douleurs qui su ivent la réfection du pansement. Le drainage lymphatique manuel, prescrit chez certains patients, peut être un moment de détente et de récupération très bénéfique. - L’hypnose : C’est un état modifié de conscience, différent de l’état d’éveil ou de sommeil. Cet état influence la perception de la douleur. Chez l’adulte, elle peut élever le seuil douloureux par des suggestions d’analgésie. (15) L’hypnose peut se révéler très efficace dans le cadre de douleurs aiguës. (16) (14) « L’infirmière et la douleur » institut UPSA de la douleur. (15) « Prise en charge non pharmacologique de la douleur provoquée par les soins chez l’enfant. » Celestin-Lhopiteau. Document disponible sur www.CNRD.fr (16) « L’hypnose à l’hôpital » revue de l’infirmière, avril 2005.
  

Les 4 derniers commentaires

Auteur Commentaire
France.gif aa123

Posté : 10/08/2018

each time items display legible, proper place, Ladies Ring appropriately, displaying .elegant aesthetic conservation, Patek Philippe’s Ref.5140 Ref.5139 calendar 925 Silver Earring watch and both can be described as three more rich history classic legend.is the first choice for people who love the table one. Calendar, tourbillon and 14k Yellow Gold Necklace three.



   
Commentaires : 1 
[ Consulter tous les commentaires ]
Pseudo :

Generated in 0,033325s